L'ARRIVEE A BATTAMBAG
Au Cambodge depuis le 18 avril au soir, nous avons facilement traversé la frontière Thaïlandaise malgré un très léger Bakchich. Après deux heures de taxi (une simple voiture avec, à certains moments, dix passagers dont 5 enfants!!! sans commentaire!) nous arrivions à Battambang, une petite ville sans prétention située au coeur d'une campagne ravissante et dépaysante, au milieu de laquelle se dressent quelques temples intéressants.
Ayant rencontré un couple charmant la veille, nous profiterons, avec eux , (Géraldine et Maxime) d'une agréable journée en moto.
Battambang était avant tout un arrêt stratégique. Suivant les conseils d'un monsieur rencontré en Inde, avec Anne et Ludovic, nous avons pris un bateau pour rejoindre Siem Reap. 8 heures assis dans une toute petite embarcation à s'émerveiller devant des paysages magnifiques tout en découvrant un mode de vie qui nous est inconnu. La traversée des villages flottants restera dans nos mémoires!
Partout des gens souriants prenant le bateau pour se rendre dans les grandes villes afin de se réapprovisionner. Des enfants dirigeant leur pirogue d'une main de maître pour se rendre chez leur voisin. Des femmes dans d'autres barques déambulant dans le village pour vendre les premières nécessités. Là, voilà encore des enfants jouant dans l'eau.
SIEM REAP ET ANGKOR
Concernant le budget il y a quelques surprises. Une chambre simple, mais correcte, tourne autour de 3 dollars, c'est parfait! Pour se nourrir les choses se compliquent un peu. Il est possible de trouver un bouiboui mais une fois repéré il deviendra votre cantine pour la semaine. La palme des dépenses revient aux moyens de transports. Le bateau Battambang-Siem Reap est à 15 dollars, une journée de tuc-tuc autour de Angkor est proposé entre 15 et 25 dollars, minimum.
Tout doit être marchandé, c'est une règle qui pourtant devient difficile au Cambodge en comparaison avec les pays précédents (ils restent longtemps sur leur position avant d'entrevoir un arrangement).
Siem Reap, en prévision 6 ou 7 jours sur place pour découvrir tranquillement les sites de Angkor.
Le cher et tendre cédant aux souhaits de sa demoiselle, après avoir constaté tout de même que son programme était réalisable, nous visiterons les sites, en majorité, dans un ordre chronologique.
Certains se situant parfois à plus de 50 kilomètres de là, nous ferons appelle au bon service d'un tuc-tuc pendant les deux premiers jours (après marchandage, 25 dollars pour deux jours). Les jours suivants sont prévus en vélo, un moyen de transport agréable et extrêmement moins coûteux (1,5 dollar par jour pour deux vélo)!
Concernant Angkor : nous ne savions pas exactement à quoi nous attendre! On entend dire, ou l'on voit parfois en photos de gigantesques arbres recouvrir, transpercer et détruire certains monuments. Il se dit que cela est magnifique, sauvage et incontournable...
Que peut-on en dire après 6 jours?
Notre toute première remarque :
Visiter, se cultiver est une chose. Ressentir et vibrer en est une autre. Pour visiter rien de plus simple, il suffit de tourner autour des sites, de lire et d'observer. Par contre éprouver des émotions nécessite un point fondamental : l'absence de touriste et par conséquence le calme. Or, pour notre plus grand bonheur, le Cambodge entame sa basse saison! Qu'il est bon d'arriver aux aurores sur un site, de s'installer à l'ombre devant ces pierres majestueuses et d'ouvrir longuement les yeux sur chaque détail, d'écouter le bruit des arbres et des oiseaux, dans l'attente que peut-être les pierres, elles-mêmes, vous raconteront leur histoire. Dans de telles conditions la chaleur pesante, qui règne en cette saison, participe à l'atmosphère parfois surréelle qui règne tout autour .
Le fait de parcourir les sites dans un ordre chronologique permet une découverte pétillante. Le temps passe, les temples se complexifient et s'affinent jusqu'à devenir symbole de perfection. De cette façon vous risquez moins d'être déçu. A mesure que les jours passent des éléments nouveaux apparaissent pour donner à vos journées toujours autant d'intérêt.
Des détails : Culture et ressentis
Le premier jour :
la période que nous découvrons s'étend de la fin du 9eme siècle au début du 10eme siècle.
Devant des sites tels que le Bakong, le Préah Ko et le Lolei, l'émerveillement naît tout d'abord de l'architecture notamment autour des temples-montagnes (symbolisant apparemment le mont Meru). En l'absence de relief naturel, la montagne est représentée par une tour « pyramidale » (un prasat) bâtit sur une structure en gradins. Au sommet s'élève un sanctuaire central avec une ouverture toujours vers l'est et trois porte fictives aux autres points cardinaux. La configuration initiale sera embellie au cours des siècles suivants. Au sommet de ces temples-montagnes, 5 tours vont alors être bâties en quinconce (4 au points cardinaux et un au centre). De même d'autres détails viennent s'ajouter tels que des tours d'entrée, des cours entourées de galeries à colonnades, des chaussées d'accès, bordées de balustrades en forme de Naga (Serpent mythique à plusieurs têtes) ou de sculptures diverses et variées.
Les matériaux marqués par les siècles donnent à l'ensemble une atmosphère particulière et difficile à mettre en mot. Constitués en majorité par des pierres de grès lourdes (certains sont en briques, ils étaient alors recouverts d'un enduit), recouvertes aujourd'hui de mousses, les sites évoquent le passé et imposent le respect.
A cela s'ajoute la beauté des frontons merveilleusement sculptés. Ils évoquent souvent des animaux mythologiques et font apparaître des dieux, rencontrés auparavant dans la culture hindou (les dieux de la trimurti : Brahma, Shiva et Vishnou).
Sans avoir tout compris, il semblerait qu'à l'origine les temples angkoriens aient été conçus par des hindouiste. Ce n'est que par la suite, après un certain nombres de conflits, qu'ils ont été modifiés (pour la plupart) afin de répondre aux principes bouddhistes.
En fin de compte nous aurons visité 7 sites dans la journée, autant vous dire que cela fait un peu beaucoup. Mieux vaut en faire moins pour tout apprécier.
De plus le soir étant le moment favori des touristes pour assister au coucher du soleil, certains lieux sont envahis par une marée humaine. Nous y étions au début mais après une journée entièrement seuls nous avons préféré rentrer avant que le soleil ne disparaisse de l'horizon.
Le deuxième jour :
Toujours dans cette découverte évolutive le second jour apporta également son lot de merveilles. On ne compte plus les heures passées devant chacun de ces sanctuaires.
Nous sommes aujourd'hui entre le 10eme et le 11eme siècle.
Au petit matin nous connaissions la forme et le style de constructions d'Angkor mais nous étions loin d'imaginer qu'il existait dans ces lieux un temple d'une telle finesse. En effet le caractère imposant et majestueux serait pour la grande majorité la caractéristique principale de ces vestiges.
Là, face à nous, le Banteay Srei, un nom à retenir! Considéré par beaucoup comme le joyau de l'art angkorien, ce temple hindou dédié à Shiva, est tout d'abord le seul, semble-t-il, taillé en pierre de grès rose. Il regorge de sculptures d'une finesse exceptionnelle. C'est un des sites les plus petits mais un des plus remarquable. Il s'agit là d'un temple à plat entièrement orné de bas reliefs représentant toujours des divinités masculines et féminines.
Nous n'aurons par contre jamais été seuls!!!!
Toujours en ce 22 avril, un autre temple mérite la visite. Il s'agit de Banteay Samré. Loin de ressembler au précédent il y règle une atmosphère plus lourde et plus étrange que dans les lieux visités la veille. Au milieu de tous ces monuments, même avec un bon livre, il est parfois un peu délicat de comprendre à quoi correspondaient toutes les constructions attenantes aux sanctuaires centraux.
Encore bien épuisés nous serons dans les bras de morphée à l'heure des poules!
Le troisième jour :
Départ en vélo à 5h30. Qu'il est bon de se promener dans cette contrée alors que les températures sont encore vivables.
Aujourd'hui, à nous le fameux Angkor Vat, construit au 12eme siècle comme temple mais également comme mausolée du souverain Suryavarman II (1112-1152).
Il se distingue par bien des détails des autres sites. Il est tout d'abord le seul à être orienté à l'ouest (symbolisant la mort).
Contrairement à ce que nous pensions, et par chance, les touristes n'étaient pas là ce matin. Ainsi le silence était au rendez vous pour profiter et ressentir cet édifice religieux probablement le plus vaste au monde! Voilà que s'ouvrait, face à nous, un sanctuaire alliant majestuosité et finesse. Un savant mélange des sanctuaires précédemment observés, dans des dimensions déculpées.
Pour la première fois des bas-reliefs s'étirent sur tous les murs extérieurs, narrant diverses épopées historiques et mythologiques. On retrouve, comme ailleurs, des motifs d'asparas (nymphes célestes), d'ascètes ou encore des motifs floraux gravés sur les murs intérieurs et extérieurs. La présence de frontons recoupe la structure et l'architecture de tous les monuments d'Angkor, ils sont par contre plus abimés qu'ailleurs.
A l'instar des autres temples-montagnes, Angkor-Vat constitue une réplique de l'univers. Les tours centrales corrrespondent bien entendu au mont Meru, le tout au milieu des continents, représentés par les cours inférieurs, et des océans, signifiés par les douves. La chaussée d'accès et ses balustrades, en forme de serpent à 7 têtes, représentant l'arc-en-ciel, relient, dans ce site, l'homme et la demeure des dieux.
Nous resterons là durant près de 6 heures et nous y reviendrons certainement avant de quitter Siem Reap. Comme pour beaucoup de ces temples nous trouvons un peu compliqué de vous décrire ce que l'on voit par des mots.
L'après-midi forcément moins trépidante sera tout de même intéressante avec la visite d'un autre sanctuaire appelé le Préah Khan.
Avec la chaleur et le lever aux aurores il était temps de rentrer se reposer avant de repartir de plus belle dès le lendemain pour visiter le fameux Angkor thom et son Bayon, le dernier temple construit à Angkor.
Le quatrième jour :
Aujourd'hui Céline aura pris un peu d'avance sur son cher et tendre, un peu trop fatigué pour se lever à 5 heures. Au petit matin le soleil se levait pour madame devant le Bayon (nous sommes entre le 12eme et le 13eme siècle), le fameux temple d'Angkor Thom (l'histoire d'Angkor touche à sa fin). Comme à notre habitude les heures s'enchaînent avant que nous quittions un lieu. Ce site, toujours bâtit de grès, aujourd'hui gris vert, dénote largement des autres. Partout, où que vous regardiez, d'énormes visages transparaissent dans ce « décors ». Chaque prasat en comprend quatre, un à chaque point cardinaux. La structure compte 216 visages représentant le bodhisattva (voir définition ci-dessous) sous les traits avérés du souverain de l'époque Jayavarman VII (1181-1219). Tous symbolisent la puissance, l'autorité et la bienveillance, les qualités indispensables pour gouverner une population disparate et dispersées dans un vaste empire.
Le terme sanskrit bodhisattva désigne des êtres (sattva), humains ou divins, qui ont atteint l'état d'éveil (bodhi). Ils devraient donc porter logiquement le nom de buddha (« éveillé ») et être à jamais libérés des contingences existentielles. Le bouddhisme cependant, enseigne que certains buddhas suspendent, par compassion pour leurs semblables, leur entrée dans le nirvana et veillent sur les hommes à la façon des anges gardiens. Ces « êtres d'éveil » sont donc, si l'on peut dire, des « buddhas en sursis » dont l'action bienfaisante se fait sentir dans le monde spirituel.
Assister au lever du soleil sur ce site permet aux visiteurs d'observer un jeu d'ombres et de lumières, magnifique lorsque, peu à peu, les visages s'illuminent de milles feux.
Après une matinée plaisante nous reprenions les vélos pour faire le tour de quelques sites attenant au Bayon, dans Angkor Thom. Suite à toutes les beautés traversées, les monuments commencent à être légèrement décevants.
A cela s'ajoute une donnée importante quant à notre rythme quotidien : la chaleur est étouffante (près de 40 degrés). Pour vous donnez un ordre d'idée nous buvons, à 2, près de 6 ou 7 litres d'eau par jour afin de combler celle que l'on perd.
Dans l'après midi à nouveau un site que nous conseillons. Une jungle dense au milieu de laquelle se trouve de vaste temples couverts de végétation et transpercés de racines gigantesque, voilà quels étaient nos idées d'Angkor, nous avons un exemple sous les yeux! Loin d'être représentatif pour la majorité des sites, cet a priori convient parfaitement à Ta Prohm! Couvrant un espace important les monuments tombent en ruines. Une des raisons de ce délabrement serait ces arbres traversant, parfois de part et d'autre, les structures, rendant le lieu irréel!
comme depuis le début nous avons la chance d'être la plupart du temps quasiment seuls sur les lieux.
Nous voilà de retour après près 30 km de vélo par jour ( bien sur nous sommes loin de rivaliser avec la troupe de David (les amis de Franklin) partie découvrir le monde, à vélo, enchaînant, par tous les temps, collines, monts et cols).
Nous terminons le quatrième jour de visite, un peu fatigués mais toujours ravis de nos découvertes. Il est évident néanmoins que nous avons dorénavant fait le tour des sites les plus beaux! Le programme des jours prochains sera donc fonction des envies du moment, le but n'étant pas de tout voir coûte que coûte!
Le cinquième jour:
Ayant du retard sur le site, nous vivrons une journée un peu en décalé. Madame devant impérativement se creuser les méninges pour écrire, Franklin partira avec quelques heures d'avance pour faire un tour de vélo autour de Angkor et ainsi voir les derniers temples que nous n'avons pas découverts. En fin de compte Céline étant partie bien plus tard elle ne retrouvera pas son homme en chemin mais réalisera le même parcours dans un laps de temps plus restreint. Il est dorénavant évident que les quelques temples restant ne procurent plus autant d'émotion. La fatigue se fait sentir légèrement, il faut bien admettre que 4 jours complets de visites, et près de 19 sanctuaires parcourus de fond en comble, cela commence à être moins motivant qu'au départ.
Le sixième jour :
Après une petite matinée tranquille, nous nous décidons à prendre nos vélos avant tout pour une promenade dans la nature, toujours aux environs d'Angkor. Pensant si possible (nous attendons juste un paquet de la poste, nos chers médicaments antipallu) partir dès demain vers Phnom Phen, on en profitera pour voir encore un ou deux sites et notamment le fameux Bayon avec ses centaines de regards posés sur vous.
Le circuit est toujours le même, dans un sens ou dans l'autre il offre un agréable lieu de promenade au coeur des vestiges d'un passé mouvementé.
Au Cambodge depuis le 18 avril au soir, nous avons facilement traversé la frontière Thaïlandaise malgré un très léger Bakchich. Après deux heures de taxi (une simple voiture avec, à certains moments, dix passagers dont 5 enfants!!! sans commentaire!) nous arrivions à Battambang, une petite ville sans prétention située au coeur d'une campagne ravissante et dépaysante, au milieu de laquelle se dressent quelques temples intéressants.
Ayant rencontré un couple charmant la veille, nous profiterons, avec eux , (Géraldine et Maxime) d'une agréable journée en moto.
Battambang était avant tout un arrêt stratégique. Suivant les conseils d'un monsieur rencontré en Inde, avec Anne et Ludovic, nous avons pris un bateau pour rejoindre Siem Reap. 8 heures assis dans une toute petite embarcation à s'émerveiller devant des paysages magnifiques tout en découvrant un mode de vie qui nous est inconnu. La traversée des villages flottants restera dans nos mémoires!
Partout des gens souriants prenant le bateau pour se rendre dans les grandes villes afin de se réapprovisionner. Des enfants dirigeant leur pirogue d'une main de maître pour se rendre chez leur voisin. Des femmes dans d'autres barques déambulant dans le village pour vendre les premières nécessités. Là, voilà encore des enfants jouant dans l'eau.
SIEM REAP ET ANGKOR
Concernant le budget il y a quelques surprises. Une chambre simple, mais correcte, tourne autour de 3 dollars, c'est parfait! Pour se nourrir les choses se compliquent un peu. Il est possible de trouver un bouiboui mais une fois repéré il deviendra votre cantine pour la semaine. La palme des dépenses revient aux moyens de transports. Le bateau Battambang-Siem Reap est à 15 dollars, une journée de tuc-tuc autour de Angkor est proposé entre 15 et 25 dollars, minimum.
Tout doit être marchandé, c'est une règle qui pourtant devient difficile au Cambodge en comparaison avec les pays précédents (ils restent longtemps sur leur position avant d'entrevoir un arrangement).
Siem Reap, en prévision 6 ou 7 jours sur place pour découvrir tranquillement les sites de Angkor.
Le cher et tendre cédant aux souhaits de sa demoiselle, après avoir constaté tout de même que son programme était réalisable, nous visiterons les sites, en majorité, dans un ordre chronologique.
Certains se situant parfois à plus de 50 kilomètres de là, nous ferons appelle au bon service d'un tuc-tuc pendant les deux premiers jours (après marchandage, 25 dollars pour deux jours). Les jours suivants sont prévus en vélo, un moyen de transport agréable et extrêmement moins coûteux (1,5 dollar par jour pour deux vélo)!
Concernant Angkor : nous ne savions pas exactement à quoi nous attendre! On entend dire, ou l'on voit parfois en photos de gigantesques arbres recouvrir, transpercer et détruire certains monuments. Il se dit que cela est magnifique, sauvage et incontournable...
Que peut-on en dire après 6 jours?
Notre toute première remarque :
Visiter, se cultiver est une chose. Ressentir et vibrer en est une autre. Pour visiter rien de plus simple, il suffit de tourner autour des sites, de lire et d'observer. Par contre éprouver des émotions nécessite un point fondamental : l'absence de touriste et par conséquence le calme. Or, pour notre plus grand bonheur, le Cambodge entame sa basse saison! Qu'il est bon d'arriver aux aurores sur un site, de s'installer à l'ombre devant ces pierres majestueuses et d'ouvrir longuement les yeux sur chaque détail, d'écouter le bruit des arbres et des oiseaux, dans l'attente que peut-être les pierres, elles-mêmes, vous raconteront leur histoire. Dans de telles conditions la chaleur pesante, qui règne en cette saison, participe à l'atmosphère parfois surréelle qui règne tout autour .
Le fait de parcourir les sites dans un ordre chronologique permet une découverte pétillante. Le temps passe, les temples se complexifient et s'affinent jusqu'à devenir symbole de perfection. De cette façon vous risquez moins d'être déçu. A mesure que les jours passent des éléments nouveaux apparaissent pour donner à vos journées toujours autant d'intérêt.
Des détails : Culture et ressentis
Le premier jour :
la période que nous découvrons s'étend de la fin du 9eme siècle au début du 10eme siècle.
Devant des sites tels que le Bakong, le Préah Ko et le Lolei, l'émerveillement naît tout d'abord de l'architecture notamment autour des temples-montagnes (symbolisant apparemment le mont Meru). En l'absence de relief naturel, la montagne est représentée par une tour « pyramidale » (un prasat) bâtit sur une structure en gradins. Au sommet s'élève un sanctuaire central avec une ouverture toujours vers l'est et trois porte fictives aux autres points cardinaux. La configuration initiale sera embellie au cours des siècles suivants. Au sommet de ces temples-montagnes, 5 tours vont alors être bâties en quinconce (4 au points cardinaux et un au centre). De même d'autres détails viennent s'ajouter tels que des tours d'entrée, des cours entourées de galeries à colonnades, des chaussées d'accès, bordées de balustrades en forme de Naga (Serpent mythique à plusieurs têtes) ou de sculptures diverses et variées.
Les matériaux marqués par les siècles donnent à l'ensemble une atmosphère particulière et difficile à mettre en mot. Constitués en majorité par des pierres de grès lourdes (certains sont en briques, ils étaient alors recouverts d'un enduit), recouvertes aujourd'hui de mousses, les sites évoquent le passé et imposent le respect.
A cela s'ajoute la beauté des frontons merveilleusement sculptés. Ils évoquent souvent des animaux mythologiques et font apparaître des dieux, rencontrés auparavant dans la culture hindou (les dieux de la trimurti : Brahma, Shiva et Vishnou).
Sans avoir tout compris, il semblerait qu'à l'origine les temples angkoriens aient été conçus par des hindouiste. Ce n'est que par la suite, après un certain nombres de conflits, qu'ils ont été modifiés (pour la plupart) afin de répondre aux principes bouddhistes.
En fin de compte nous aurons visité 7 sites dans la journée, autant vous dire que cela fait un peu beaucoup. Mieux vaut en faire moins pour tout apprécier.
De plus le soir étant le moment favori des touristes pour assister au coucher du soleil, certains lieux sont envahis par une marée humaine. Nous y étions au début mais après une journée entièrement seuls nous avons préféré rentrer avant que le soleil ne disparaisse de l'horizon.
Le deuxième jour :
Toujours dans cette découverte évolutive le second jour apporta également son lot de merveilles. On ne compte plus les heures passées devant chacun de ces sanctuaires.
Nous sommes aujourd'hui entre le 10eme et le 11eme siècle.
Au petit matin nous connaissions la forme et le style de constructions d'Angkor mais nous étions loin d'imaginer qu'il existait dans ces lieux un temple d'une telle finesse. En effet le caractère imposant et majestueux serait pour la grande majorité la caractéristique principale de ces vestiges.
Là, face à nous, le Banteay Srei, un nom à retenir! Considéré par beaucoup comme le joyau de l'art angkorien, ce temple hindou dédié à Shiva, est tout d'abord le seul, semble-t-il, taillé en pierre de grès rose. Il regorge de sculptures d'une finesse exceptionnelle. C'est un des sites les plus petits mais un des plus remarquable. Il s'agit là d'un temple à plat entièrement orné de bas reliefs représentant toujours des divinités masculines et féminines.
Nous n'aurons par contre jamais été seuls!!!!
Toujours en ce 22 avril, un autre temple mérite la visite. Il s'agit de Banteay Samré. Loin de ressembler au précédent il y règle une atmosphère plus lourde et plus étrange que dans les lieux visités la veille. Au milieu de tous ces monuments, même avec un bon livre, il est parfois un peu délicat de comprendre à quoi correspondaient toutes les constructions attenantes aux sanctuaires centraux.
Encore bien épuisés nous serons dans les bras de morphée à l'heure des poules!
Le troisième jour :
Départ en vélo à 5h30. Qu'il est bon de se promener dans cette contrée alors que les températures sont encore vivables.
Aujourd'hui, à nous le fameux Angkor Vat, construit au 12eme siècle comme temple mais également comme mausolée du souverain Suryavarman II (1112-1152).
Il se distingue par bien des détails des autres sites. Il est tout d'abord le seul à être orienté à l'ouest (symbolisant la mort).
Contrairement à ce que nous pensions, et par chance, les touristes n'étaient pas là ce matin. Ainsi le silence était au rendez vous pour profiter et ressentir cet édifice religieux probablement le plus vaste au monde! Voilà que s'ouvrait, face à nous, un sanctuaire alliant majestuosité et finesse. Un savant mélange des sanctuaires précédemment observés, dans des dimensions déculpées.
Pour la première fois des bas-reliefs s'étirent sur tous les murs extérieurs, narrant diverses épopées historiques et mythologiques. On retrouve, comme ailleurs, des motifs d'asparas (nymphes célestes), d'ascètes ou encore des motifs floraux gravés sur les murs intérieurs et extérieurs. La présence de frontons recoupe la structure et l'architecture de tous les monuments d'Angkor, ils sont par contre plus abimés qu'ailleurs.
A l'instar des autres temples-montagnes, Angkor-Vat constitue une réplique de l'univers. Les tours centrales corrrespondent bien entendu au mont Meru, le tout au milieu des continents, représentés par les cours inférieurs, et des océans, signifiés par les douves. La chaussée d'accès et ses balustrades, en forme de serpent à 7 têtes, représentant l'arc-en-ciel, relient, dans ce site, l'homme et la demeure des dieux.
Nous resterons là durant près de 6 heures et nous y reviendrons certainement avant de quitter Siem Reap. Comme pour beaucoup de ces temples nous trouvons un peu compliqué de vous décrire ce que l'on voit par des mots.
L'après-midi forcément moins trépidante sera tout de même intéressante avec la visite d'un autre sanctuaire appelé le Préah Khan.
Avec la chaleur et le lever aux aurores il était temps de rentrer se reposer avant de repartir de plus belle dès le lendemain pour visiter le fameux Angkor thom et son Bayon, le dernier temple construit à Angkor.
Le quatrième jour :
Aujourd'hui Céline aura pris un peu d'avance sur son cher et tendre, un peu trop fatigué pour se lever à 5 heures. Au petit matin le soleil se levait pour madame devant le Bayon (nous sommes entre le 12eme et le 13eme siècle), le fameux temple d'Angkor Thom (l'histoire d'Angkor touche à sa fin). Comme à notre habitude les heures s'enchaînent avant que nous quittions un lieu. Ce site, toujours bâtit de grès, aujourd'hui gris vert, dénote largement des autres. Partout, où que vous regardiez, d'énormes visages transparaissent dans ce « décors ». Chaque prasat en comprend quatre, un à chaque point cardinaux. La structure compte 216 visages représentant le bodhisattva (voir définition ci-dessous) sous les traits avérés du souverain de l'époque Jayavarman VII (1181-1219). Tous symbolisent la puissance, l'autorité et la bienveillance, les qualités indispensables pour gouverner une population disparate et dispersées dans un vaste empire.
Le terme sanskrit bodhisattva désigne des êtres (sattva), humains ou divins, qui ont atteint l'état d'éveil (bodhi). Ils devraient donc porter logiquement le nom de buddha (« éveillé ») et être à jamais libérés des contingences existentielles. Le bouddhisme cependant, enseigne que certains buddhas suspendent, par compassion pour leurs semblables, leur entrée dans le nirvana et veillent sur les hommes à la façon des anges gardiens. Ces « êtres d'éveil » sont donc, si l'on peut dire, des « buddhas en sursis » dont l'action bienfaisante se fait sentir dans le monde spirituel.
Assister au lever du soleil sur ce site permet aux visiteurs d'observer un jeu d'ombres et de lumières, magnifique lorsque, peu à peu, les visages s'illuminent de milles feux.
Après une matinée plaisante nous reprenions les vélos pour faire le tour de quelques sites attenant au Bayon, dans Angkor Thom. Suite à toutes les beautés traversées, les monuments commencent à être légèrement décevants.
A cela s'ajoute une donnée importante quant à notre rythme quotidien : la chaleur est étouffante (près de 40 degrés). Pour vous donnez un ordre d'idée nous buvons, à 2, près de 6 ou 7 litres d'eau par jour afin de combler celle que l'on perd.
Dans l'après midi à nouveau un site que nous conseillons. Une jungle dense au milieu de laquelle se trouve de vaste temples couverts de végétation et transpercés de racines gigantesque, voilà quels étaient nos idées d'Angkor, nous avons un exemple sous les yeux! Loin d'être représentatif pour la majorité des sites, cet a priori convient parfaitement à Ta Prohm! Couvrant un espace important les monuments tombent en ruines. Une des raisons de ce délabrement serait ces arbres traversant, parfois de part et d'autre, les structures, rendant le lieu irréel!
comme depuis le début nous avons la chance d'être la plupart du temps quasiment seuls sur les lieux.
Nous voilà de retour après près 30 km de vélo par jour ( bien sur nous sommes loin de rivaliser avec la troupe de David (les amis de Franklin) partie découvrir le monde, à vélo, enchaînant, par tous les temps, collines, monts et cols).
Nous terminons le quatrième jour de visite, un peu fatigués mais toujours ravis de nos découvertes. Il est évident néanmoins que nous avons dorénavant fait le tour des sites les plus beaux! Le programme des jours prochains sera donc fonction des envies du moment, le but n'étant pas de tout voir coûte que coûte!
Le cinquième jour:
Ayant du retard sur le site, nous vivrons une journée un peu en décalé. Madame devant impérativement se creuser les méninges pour écrire, Franklin partira avec quelques heures d'avance pour faire un tour de vélo autour de Angkor et ainsi voir les derniers temples que nous n'avons pas découverts. En fin de compte Céline étant partie bien plus tard elle ne retrouvera pas son homme en chemin mais réalisera le même parcours dans un laps de temps plus restreint. Il est dorénavant évident que les quelques temples restant ne procurent plus autant d'émotion. La fatigue se fait sentir légèrement, il faut bien admettre que 4 jours complets de visites, et près de 19 sanctuaires parcourus de fond en comble, cela commence à être moins motivant qu'au départ.
Le sixième jour :
Après une petite matinée tranquille, nous nous décidons à prendre nos vélos avant tout pour une promenade dans la nature, toujours aux environs d'Angkor. Pensant si possible (nous attendons juste un paquet de la poste, nos chers médicaments antipallu) partir dès demain vers Phnom Phen, on en profitera pour voir encore un ou deux sites et notamment le fameux Bayon avec ses centaines de regards posés sur vous.
Le circuit est toujours le même, dans un sens ou dans l'autre il offre un agréable lieu de promenade au coeur des vestiges d'un passé mouvementé.
posté le 26 avr 2009 //
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